Le "Son" THX


Cette page n'a pas pour ambition de détailler les différents formats sonores utilisés au cinéma (pour cela, reportez-vous aux sites référencés dans les Liens), mais d'apporter des précisions sur le THX. J'ai en effet maintes fois constaté l'ignorance des gens faces à ces trois lettres.

La création du THX

Le THX est né de la volonté de Georges Lucas d'offrir aux spectateurs un son aussi proche que possible de celui voulu par le réalisateur lors du mixage. Il avait en effet pu constater, lors de projections de Star Wars, à quel point le rendu sonore était loin de celui qu'ils avaient longuement travaillé en studio. Or, Georges Lucas accorde une grande importance à l'aspect sonore de ses films : "sound is 50% of the motion picture experience". Il demanda alors à un ingénieur, Tomlinson Holmann (le sigle THX signifierait Tomlinson Holmann eXperiment, mais certains préfèrent y voir un hommage à l'un des premiers films de Lucas, THX 1138) d'étudier des solutions pour résoudre ce problème.

[THX - The audience is listening]

Les salles

Les premières salles bénéficiant du THX ouvrent aux Etats Unis en 1983, pour le film The Return of the Jedi. Sans entrer dans les détails, on peut dire que le THX est un label, ou une norme, qui est décerné à une salle qui remplit certaines conditions.
La première est l'utilisation d'électroniques (amplificateurs, enceintes...) elles-mêmes frappées du sceau THX (accordé, dans ce cas, sur des critères de puissance, taux de distorsion, temps de monté...) et adaptées au volume de la salle. Cette électronique doit inclure un processeur spécifique qui agit sur certains paramètres sonores.
Les enceintes avant (placées derrières l'écran) doivent être intégrées dans un mur spécialement construit (baffle wall).
La certification sera ensuite accordée ou non en fonction de mesures effectuées dans la salle, et qui concernent notamment le bruit de fond (bruits extérieurs, ventilation...), les temps de réverbération... Ces données sont largement conditionnées par l'architecture de la salle, les matériaux de construction, les revêtements muraux, les fauteuils, le système de ventilation... On considère ainsi que le THX, c'est 70% d'architecture et 30% d'électronique.

J'insiste sur le fait que le THX est totalement indépendant du format sonore utilisé (Dolby, DTS ou SDDS, numérique ou analogique...). Si les salles THX sont généralement équipées en numérique, un film enregistré en mono analogique serait tout de même diffusé en THX, qui ne concerne que la salle. C'est donc un abus de langage que de parler de son THX. Pour ma part, il me semble que c'est le Dolby Stéréo analogique qui profite le plus d'un système THX.
Il faut aussi noter que le sigle THX qui fleurit sur certaines vidéos (LD, DVD ou VHS) n'indique pas non plus un format d'enregistrement sonore, mais le fait que le master de la vidéo ait été réalisé en respectant certaines spécifications.

A l'écoute

Concrètement, les avantages d'un système THX ne se remarquent pas toujours le mieux sur les "grosses" bandes-son. Les basses marteau-pilon ne sont en effet pas si difficiles à obtenir. J'ai par exemple le souvenir de Rob Roy en Dolby Digital : la moindre porte d'auberge qui se fermait un peu violemment ressemblait à un coup de canon! Pas très réaliste...
Les effets arrières ne sont pas non plus vraiment une indication. L'arrivé du numérique avec le surround sur 2 (voir 3) canaux a en effet fait perdre un des intérêts du THX : la décorrélation du canal surround monophonique (en Dolby Stéréo analogique), qui apportait un réel plus (si si, je vous assure!).
En fait, j'ai surtout pu constater en THX un rendu des "ambiances" sonores exceptionnel (l'hallucinante boîte de Jazz dans The Bridges of Madison County m'a marqué!). Dans les scènes lourdes en effets, on remarque généralement une plus grande douceur que dans les autres salles, ainsi qu'une excellente intelligibilité : cela ne devient pas un brouhaha cacophonique!

La sévérité de la norme explique peut-être le faible nombre de salles arborant ce sigle en France. D'autant que la certification n'est pas accordée ad vitam eternam. Les contrôles sont réguliers, et les salles doivent évoluer en même temps que la norme.
S'il est entendu qu'une salle ne bénéficiant pas de ce label peut présenter une acoustique au moins aussi bonne qu'une salle THX, il n'en reste pas moins qu'il est la garantie d'un son superbe, ample et puissant, capable de beaucoup de finesse. Et puis il y a la magie des trailers THX, qui ouvrent le film en une promesse de sensations auditives uniques...



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mai 2000
http://perso.wanadoo.fr/lorient-cine/thx.htm